La décision du gouvernement, en octobre 2018, d’augmenter les frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors UE avait fait un tollé dans le monde universitaire. Finalement, plusieurs universités, dont l’Université Picardie Jules-Verne d’Amiens, vont contourner cette réforme.

À l’Université de Picardie Jules-Verne, plus de 1 200 étudiants sont concernés par le décret gouvernemental qui prévoit de multiplier par quinze les frais d’inscriptions pour les étrangers. Ainsi, un étudiant non-européen en master devra débourser 3 770 euros par an, contre 243 pour un étudiant français, soit quinze fois plus. Les doctorants devront quant à eux verser 10 fois plus, les étudiants en licence 16 fois.

Pourtant ce sont ces étudiants qui les plus touchés par la précarité. 70% des bénéficiaires de l’épicerie solidaire l’Agoraé sont des étudiants internationaux. “On a plein d’ambition, plein de projets… du coup on s’inquiète de savoir comment, l’année prochaine, on va régler nos frais de scolarité. Payer le logement et la vie quotidienne c’est pas évident. En plus de ça, payer les 3 000 euros, c’est impossible.”

Un investissement pour l’avenir

Le conseil d’administration de l’université a donc décidé d’exonérer les étudiants concernés, en alignant leurs frais d’inscription sur ceux des Français.
Une évidence pour le président, Mohammed Benlahsen, qui plaide l’ouverture au monde.

Je suis né au Maroc. Je suis arrivé ici, j’y ai fait mes études. La République m’a donné la possibilité de m’exprimer, maintenant je suis un serviteur de la République, raconte-t-il. Finalement, pour la France, c’est un investissement. Il y a plein d’exemple de personnes venues d’ailleurs qui ont réussi, il y a eu des prix Nobel, des médailles Fields !

Une décision provisoire

La décision coûtera près de 3,5 millions d’euros pour le cycle licence, coût que l’université est capable d’absorber pour le moment. Un travail est en cours avec les associations étudiantes pour trouver une solution durable. “On se satisfait de cette mesure, mais elle a un caractère provisoire. Ce dispositif est transitoire. Nous, ce qu’on souhaite, c’est qu’il y ait un modèle économique qui soit pérenne,” souligne Xavier Beulens, président de la Fédération des associations étudiantes picardes.

Mais l’inquiétude autour de l’augmentation des frais a déjà eu des conséquences. L’Université enregistre pour l’année prochaine une baisse de 10% des demandes d’inscription d’étudiants internationaux.

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