Les étudiants orientés par l’Etat dans les établissements privés d’enseignement supérieur vont regagner les classes le 21 janvier prochain. Ce, après que le gouvernement et les responsables de ces écoles ont trouvé un accord pour le paiement de la dette de 16 milliards qui était à l’origine de leur expulsion. Face à la presse samedi dernier, le Cadre unitaire des organisations des établissements privés d’enseignement supérieur (Cudopes) est revenu sur le plan de décaissement des montants dus.
Après trois mois d’expulsion en raison d’une dette de 16 milliards que l’Etat doit aux Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes), les étudiants orientés dans ces écoles vont enfin reprendre les cours le 21 janvier prochain. L’Etat du Sénégal a, en effet, trouvé un accord avec les responsables de ces écoles privées pour éponger la dette au titre de la prise en charge de leurs frais d’études en vertu des contrats de placements. En conférence de presse avant-hier, samedi 12 janvier, le Cadre unitaire des organisations des établissements privés d’enseignement supérieur du Sénégal (Cudopes) est revenu sur les modalités de paiement convenues avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ainsi que le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.«A ce jour, l’Etat a versé au profit des Epes, un premier montant de 3 milliards tirés des crédits de la Loi des finances rectificative 2018 dont la plupart des virements ont été positionnés dans les comptes des Epes en novembre 2018», a déclaré le coordonateur du Cudopes, Jean Marie Sène. Aussi dira-t-il, « un deuxième montant de 3 milliards issu d’un virement de crédits a été payé à partir du 29 novembre 2018 à concurrence à 2.200.000.000 F dans un premier temps pour éponger l’incidence de la dette de l’année académique 2016-2017». A en croire Jean Marie Sène, «les 800.000.000 reliquataires ont été virés le 31 décembre 2018 comme promis par l’Etat pour le compte de certaines factures de 2017-2018».En effet, au-delà de ces 6 milliards décaissés, les discussions ont abouti à un plan de paiement échelonné sur plusieurs mois pour éponger la dette. Il s’agit selon le coordonateur du Cudopes de, «8 milliards inscrits dans la loi des finances initiale 2019 selon ce calendrier, en janvier 1 milliard ; en février 2 milliards ; en mars 1 milliard ; en avril 2 milliards, mai 1 milliard et juin 1 milliard». Même si le «planning de paiement ne les arrange pas», les responsables des écoles privés ont salué les mesures abouties avec l’Etat. Ils promettent ainsi de faire de leur possible pour combler le retard accusé par les étudiants. S’agissant de ceux qui doivent subir l’examen national du BTS prévu au mois de juillet prochain, le Cudopes a demandé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche d’engager des discussions avec le ministère de la Formation professionnelle afin de revoir la date. Toutefois, le Cudopes qui précise «n’avoir subi aucune pression politique», avertit : «si l’Etat ne respecte pas les engagements pris, nous allons encore expulser les étudiants et dans ce cas,  il sera responsable».Concernant les enseignants qui étaient en grève, le Cudopes se veut clair : « ils étaient recrutés dans le cadre du programme de l’orientation des étudiants dans le privé par l’Etat et ils sont payés au fur et à mesure que l’Etat nous paie». Il faut rappeler que l’accord trouvé avec le gouvernement résulte de la réunion du 10 janvier dernier avec la Direction générale de l’enseignement supérieur.REPRISE DES COURS LE 21 JANVIER PROCHAIN : Ouf de soulagement des étudiants orientés dans le privéIls avaient barré la route, jeté des pierres, brûlé des pneus pour exprimer leur courroux. Les étudiants orientés par l’Etat dans les établissements privés d’enseignement supérieur étaient exclus à cause de la dette de 16 milliards au titre de la prise en charge de leurs frais d’études en vertu des contrats de placements dus à ces écoles privées. Ils se sont fait entendre par tous les moyens pour exiger de l’Etat l’apurement de la dette afin de pouvoir reprendre les cours. Aujourd’hui, l’Etat du Sénégal vient de prendre l’engagement de payer toute la dette et les responsables des écoles privés ont, sur la même lancée, décidé de reprendre les cours le 21 janvier prochain. Présents samedi dernier, à la conférence de presse du Cadre unitaire des établissements privés d’enseignement supérieur du Sénégal (Cudopes), les étudiants ont poussé un ouf de soulagement. Ils saluent la mesure prise par l’Etat du Sénégal. «On est très ravis de la décision qui a été prise. On remercie le gouvernement mais aussi les établissements privés qui nous ont épaulé parce que rester trois mois ou plus sans faire cours, c’est très difficile. Il y’a des étudiants qui avaient fini leur année avant d’être renvoyés mais il y’a d’autres qui n’ont pas encore terminé leur deuxième année jusqu’à présent. Psychologiquement, c’est très difficile», a fait savoir Cheikh Thiam, étudiant en 3ème année à  l’Université catholique de l’Afrique de l’ouest (Ucao). Même son de cloche chez Bounama Ndiaye.«On est très contents de la mesure car ce n’était pas facile de rester à la maison dormir, aller jouer au football. Nos parents avaient mal. Car, ce n’est pas facile pour eux de s’occuper de tout, nourriture, électricité, eau et que nous, nous n’allons pas à l’école», dit aussi cet étudiant à l’Ucao. Après avoir décaissé 6 milliards de F CFA, le gouvernement du Sénégal a trouvé un consensus  avec les responsables des écoles privées d’enseignement supérieur sur un  plan de décaissement du reste du montant. Les étudiants demandent ainsi à l’Etat de respecter ses engagements afin de pouvoir étudier dans de meilleures conditions.