Ils ont rejoint 21 scientifiques sénégalais dans une mission importante: la collecte de données précieuses en vue du survol d’un astéroïde appelé Ultima Thule en janvier 2019 (un petit morceau de roche ou de glace sale qui tourne autour du soleil.).

Une première pour le Sénégal qui participait à une mission spatiale visant à explorer notre système solaire.

David Baratoux, président de l’Initiative africaine pour les sciences planétaires et spatiales, revient sur newsweek.com, visité mardi par senego, sur le but de la mission…

Quel était le but de la mission au Sénégal?

Le vaisseau spatial New Horizon de la Nasa est devenu célèbre pour avoir révélé au monde les incroyables paysages glacés de Pluton. Il poursuit maintenant son voyage vers le bord du système solaire et vers Ultima Thule. Qui n’est généralement pas visible à l’aide de télescopes au sol; c’est trop loin et trop petit.

L’un des grands défis a été de déterminer à quelle distance New Horizons doit se déplacer pour atteindre Ultima Thule. C’est là qu’intervient un phénomène appelé occultations stellaires.

Une occultation stellaire implique un astéroïde et une étoile. Il ressemble à une éclipse solaire. C’est généralement un événement très court. Quand Ultima Thule est impliqué, cela ne dure qu’une seconde environ.

Les scientifiques de New Horizons ont prédit une nouvelle occultation stellaire pour août 2018, qui serait visible en Colombie, au Sénégal, au Mali et en Algérie.

Alors, pourquoi le Sénégal a-t-il été choisi?

Quelques facteurs ont été pris en compte. Ceux-ci comprenaient les conditions de sécurité, les conditions climatiques à cette période de l’année, l’existence de partenaires scientifiques potentiels et les installations disponibles.

Le Sénégal a fait de grands progrès en astronomie et en sciences planétaires ces dernières années. L’association sénégalaise pour la promotion de l’astronomie, dirigée par Maram Kairé, a largement contribué à cette évolution. Certains chercheurs sénégalais sont également impliqués dans l’Initiative africaine pour les sciences planétaires et spatiales que je dirige.

La NASA a donc concentré ses efforts sur le Sénégal. Il a envoyé 21 équipes dans le pays et six en Colombie, où les conditions climatiques étaient moins favorables. Une équipe, composée d’astronomes algériens du Centre de recherche en astrophysique et géophysique, a également tenté d’observer l’occultation dans le sud de l’Algérie.

La mission a-t-elle été un succès?

Trois nuits ont été consacrées à la préparation et à la formation. Les 21 équipes au Sénégal étaient composées de scientifiques sénégalais, français et américains. Les participants ont été sélectionnés en fonction de leur expérience, de leur capacité à travailler en équipe et de la rapidité avec laquelle ils ont pu acquérir des compétences.

Chaque équipe était responsable d’un télescope et d’un système d’acquisition de données. Au cours des deux premières nuits d’entraînement, ils ont orienté le télescope, placé l’étoile qui serait occultée par Ultima Thume dans le champ de vision et enregistré 10 ou 20 minutes d’images.

Nous avons traité les problèmes techniques au fur et à mesure et avons réorganisé les équipes en fonction des besoins. La troisième nuit, les équipes se sont installées sur les 21 sites pré-identifiés, formant dans des conditions réelles, en zones rurales et isolées. Les habitants des villages proches des sites d’observation étaient très accueillants et sympathiques, même quand, dans certains cas, ils ont trouvé trois étrangers munis d’un grand télescope dans leurs champs au milieu de la nuit.

L’occultation stellaire s’est produite la quatrième nuit. Nos équipes étaient en place. Certains n’ont pas pu collecter de données car leur vue était masquée par les nuages. D’autres ont enregistré des images 10 minutes avant et après l’heure prévue de l’occultation. Les données sont en cours de traitement par l’équipe de New Horizons.

Comment la science sénégalaise bénéficiera-t-elle de la mission d’août ?

Cette expérience était bien plus qu’une visite à court terme de chercheurs d’institutions scientifiques prestigieuses dans un pays en développement. C’était un exemple inspirant de coopération scientifique et internationale.

Mais de telles initiatives n’ont vraiment de valeur que si elles sont intégrées aux plans scientifiques à long terme d’un pays. C’est exactement ce que le Sénégal a fait. Le gouvernement a reconnu que ces travaux cadraient avec certains de ses plans plus vastes d’enseignement supérieur et de recherche.

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