Morte relativement jeune (52 ans), Mariama Bâ a laissé à la postérité un roman au succès immense.

Le 17 août dernier marque le 29è anniversaire de la disparition de Mariama Bâ. L’écrivain sénégalais n’est plus depuis le 17 août 1981. Mais, son souvenir, reste encore tenace dans les esprits. En raison particulièrement de son roman à succès « Une si longue lettre », publié en 1979. Le récit est un sévère réquisitoire contre les perversités de la société sénégalaise. Deux amies, Ramatoulaye et Aïssatou, étalent le « drame de l’épouse » par voie épistolaire. Ramatoulaye, personnage principal du roman répond à son amie. Et d’emblée, elle lui confesse : « la confidence noie la douleur ». La douleur ? C’est le fil par lequel tout le tissu est cousu. Enseignante, Ramatoulaye épouse un syndicaliste au charme d’un Don Juan. Le coup de foudre parti lors d’un bal n’a jamais faibli. Jusqu’au soir de leur mariage. Pourtant, la mère de Ramatoulaye est restée intraitable sur son désaccord. La mère, par intuition, pressent le danger qui guette sa fille. Modou Fall est trop généreux pour faire le bon mari. N’empêche le mariage est scellé. Le couple vit le « parfait » amour. Ramatoulaye, en épouse idéale, met ses revenus dans l’achat d’une villa familiale. Le temps, ennemi des couples, file. Modou Fall par « veulerie ou par lâcheté ? » tombe amoureux de l’amie de sa fille. L’idylle devient un grand amour matérialiste. Le syndicaliste prompt à dérouler un discours faussement enflammé épouse la jeune fille Binetou. La pressurisation de sa nouvelle belle famille l’oblige à hypothéquer la maison acquise à deux. Elle doit désormais partager son mari. Les jours où elle n’est pas de tour, elle s’accroche à son transistor. Ses enfants lui demandent de rompre. Elle résiste, fidèle au premier amour. Les coups durs se multiplient. Parmi sa progéniture, il y en a qui fume, une autre est tombée en grossesse, un garçon est, un jour, heurté par un cyclomoteur. Ramatoulaye résiste, se réfugie derrière le destin. Parfois, elle craque. Comme quand elle dit envier à Aïssatou de n’avoir mis au monde que des garçons. La question de la contraception n’a jamais fait l’objet de débat avec ses enfants. Parce qu’elle leur demandait juste de prendre conscience de la valeur de leur corps. Son amie Aïssatou, elle, souffrira quasiment le même drame avec son mari Samba Diack. Ce mariage se brise sous l’effet de la pression de tante Nabou, mère de Samba Diack. Un mariage forcé. Aïssatou refuse d’abdiquer. Elle pense qu’on ne peut jamais coucher avec une femme qu’on n’aime pas. Elle rompt, puis se rend aux Usa où elle parvient à reconstruire sa vie. Dans le parallélisme de ses deux vies d’amies, la narratrice flétrit l’homme. Ce dernier ne résiste jamais à la passion amoureuse. Dans une belle écriture qui fend le cœur, Mariama Bâ est entrée dans l’Histoire de la littérature africaine. Son premier roman, « Une si longue lettre », est publié en 1979. L’ouvrage, traduit en plusieurs langues, obtenu le prix Noma en novembre 1980 à Francfort. Mariama Bâ est née en avril 1929. Sa mère, Fatou Gaye, était instruite. Son père, Ahmadou Niéla Bâ était le ministre de la Santé dans le premier gouvernement du Sénégal.

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